Le Corset

vendredi 21 février 2014
par  vivonsheureux
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Il le lui avait promis. Elle se trouvait bien face au miroir d’un salon d’essayage, vêtue du corset qu’il avait serré très sévèrement. Elle s’habituerait à la rigidité nouvelle qui enchâssait dorénavant son corps.
Et comme il le lui avait promis, sa main caressait son sexe, faisant enfler son clitoris si sensible et qu’il aimait tant flatter. Il la sentait se liquéfier progressivement, elle jouirait vite, il le savait. Il attendait sa jouissance.
Elle se voyait fondre, elle voyait sa poitrine se soulever plus vite, toujours plus vite même si contrainte.
Crierait-elle ? Elle était pudique, et même si le personnel du magasin avait sans doute compris ce qui se jouait dans la cabine, elle voudrait sans doute éviter de conforter leur opinion déjà formée.
Elle jouit donc de sa main, doucement, comme la première fois où il l’avait touché, mais avec plus d’abandon sans doute que ce jour là.
Il lui avait préalablement fait enfiler les bas et passer les chaussures à talons, qu’elle répugnait d’ordinaire à porter, se voulant une guerrière efficace, préférant les baskets, les jeans, les pulls un peu informes qui étaient son battle-dress d’exécutive woman.

Elle était transformée, mais elle avait pensé que pour l’instant tout en resterait là.
Il la surprit en sortant d’une de ses poches une boule ou plutôt quelque chose qui ressemblait à un œuf. Elle ne comprit pas toute suite ce qu’était cet objet.
Il lui fit imperceptiblement écarter les cuisses, ce qui ouvrit légèrement son sexe et glissa en elle l’objet, qui semblait d’une technologie avancée, pensa-t-elle curieusement.
Elle n’était pas habituée au port de stimulants. Elle n’avait jamais connu la vibration métallique des boules de geishas dans son vagin, la douce vibration qui met en émoi progressivement tout le bas-ventre de celle qui marche ainsi appareillée.
« C’est un œuf vibrant » lui dit-il simplement. Puis il lui montra ce qu’elle comprit être un télécommande. « Je peux en déclencher le fonctionnement à volonté. Mais nous attendrons un peu, si tu veux bien ». Le si tu veux bien était de pure forme. Elle savait qu’elle n’avait en aucune façon voix au chapitre.
Elle crût qu’il sortirait enfin, qu’il l’envelopperait du manteau protecteur qu’il lui avait promis et qui attendait sur la patère de la cabine. Il avait choisi un tissu doux, qui lui ferait comme un cocon. Mais il extraya alors un autre objet, que cette fois elle identifia sans peine. Un plug anal. Il lui en avait déjà parlé. Elle savait qu’un jour elle devrait y venir. Il le lui avait dit. Mais elle pensait l’échéance plus lointaine. Il sortit une petite bouteille « du lubrifiant » précisa-t-il. Il devait lui faciliter ce premier contact. Elle sentit ses doigts humides s’insérer entre ses fesses, sentiment étrange et nouveau. Puis l’intromission du plug.
Elle prenait conscience ainsi de la fine épaisseur de chair, si sensible en cet endroit, qui séparait l’œuf du plug. Prise des deux côtés, prisonnière pour le plaisir.
Il ouvrit le corset, sortit de la cabine, précisa à la vendeuse qui leur était préposée qu’il prenait ce modèle, ainsi que les bas et les chaussures, mais que c’était pour consommer tout de suite. Il retourna ensuite avec le corset libéré de ces étiquettes et anti vols, le resserra sur son corps nu.

Elle était maintenant prête de son point de vue. Il lui glissa le manteau autour des épaules, l’aida à l’enfiler, serra la ceinture extérieure qui éviterait toute ouverture intempestive. Non qu’il ait exclu de l’ouvrir, mais il voulait décider quand le faire.
Ils sortirent de la cabine. Il avait rassemblé tous ses vêtements en une espèce de boule et demanda aux vendeuses de bien vouloir mettre « tout ceci dans un sac ».
Ils sortirent, elle se retrouva sur le trottoir, seulement protégé du manteau ; Elle craignait à chaque pas qu’il ne s’ouvrit bien que ceci fût impossible. Il la serrait contre lui.
En marchant, elle commença de sentir les effets de la double pénétration qu’elle subissait. Ses jambes devenaient de coton. Il lui semblait qu’elle pouvait tomber à tout instant.
Il l’entraina vers la station de taxi la plus proche, celle qui est au bout de l’avenue de l’opéra. La ville brillait des lumières qu’elle mélange si savamment quand le soir devient la nuit, chaudes des vitrines, froides des néons de pharmacie, et celles trop blanches pour être honnêtes des feux avant des voitures qui filaient vers les guichets du Louvre.
Paris lui manquait depuis qu’il habitait Istanbul. Ce Paris là lui manquait. Cette ville ouverte comme une page blanche ou écrire de jolies histoires. Elle aurait écrit importantes plutôt que jolies, pensa-t-il.
Ils durent attendre un peu, elle se demandant si quiconque avait compris ce qui se cachait sous le manteau.
Sentir son bras autour d’elle la rassurait un peu, même si elle ne pouvait s’empêcher d’observer à droite et à gauche dans la queue si le regard de ces humains là trahissait une quelconque concupiscence, ce qui l’aurait convaincu qu’elle était découverte, même emmitouflée. Mais non. Rien. Personne n’avait rien vu. Elle en était presque déçue.
Ils montèrent finalement dans un taxi, une Mercedes, comme les apprécient les taxis parisiens. Robustesse allemande. Durée de vie. « J’en change tous les trois ans ». Pourquoi avait-il commencé à leur parler de son nouveau taxi ? Parce que peut être il avait dit « humm du cuir neuf ». Très bien pour les fesses dénudées, et il remonta l’arrière de son manteau, si bien qu’elle entra en contact directement avec la banquette.
Il donna l’adresse au taxi, ils allaient à l’hôtel, à leur hôtel, reprendre les choses là où ils les avaient laissées.
Puis elle commença de sentir une vibration et d’entendre un très léger ronronnement. Elle le regarda. Lui l’embrassa. Elle ne savait pas si elle voulait lui demander d’arrêter la vibration qui l’envahissait peu à peu. Ou si elle voulait qu’elle devienne plus forte encore. Qu’elle l’emporta, là maintenant, sur cette banquette de cuir trop neuf.
Lui se souvint un jour d’avoir discuté avec Paco Rabanne, ce dernier lui expliquant qu’il avait eu l’idée du premier parfum pour femme qu’il avait créé, Calandre, en songeant à « une femme très belle, dans une fourrure, se faisant faire l’amour sur la banquette arrière d’une Rolls Royce ». Que les senteurs qu’il avait mélangées dans ce parfum devaient traduire un moment d’abandon un peu crapuleux. Plus tard pour le même Paco Rabanne, enfin pour sa marque, puisqu’il l’avait vendue – et son âme avec- à un groupe espagnol, il allait définir la stratégie de relancèrent de cette vieille gloire décrépie et jeter les fondements de ce qui deviendrait XS, un succès planétaire. Incroyable.
Il songeait à tout cela, tandis que doucement, elle commençait de gémir par petit cris. Il lui tenait les mains pour qu’elle n’extraie point l’objet qui la torturait doucement. Mais elle n’en avait de toute façon pas envie.




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Commentaires

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mardi 25 février 2014 à 20h52 - par  Crabou

J’aime beaucoup ce qui me parait le début d’une histoire intéressante.

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