A toi au jour le jour

Chronique d’une soumission
vendredi 13 février 2009
par  Christine Arven
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4° de couverture

Un an de la vie d’une femme d’aujourd’hui. Elle est mariée, lui aussi. Ils se rencontrent, se séduisent, tombent amoureux l’un de l’autre d’un amour qui va pulvériser les limites du couple traditionnel. Il va la dominer et elle, se soumettre... De lui, nous ne connaîtrons que ce que l’héroïne de ce roman qui en est aussi la narratrice, nous en dit. Regard subjectif aveuglé par l’amour et le don de soi à un Maître tout puissant. Christine Arven nous livre dans ce roman, sans doute le plus personnel et qui, bien souvent, frise l’indécence la plus absolue, une histoire intense où vont étroitement se mêler amour et soumission, bonheur et humiliation, plaisir et douleur.... Ce roman est aussi une réflexion sur ce rapport ambigu de Domination et soumission si difficile à appréhender.

EXTRAIT

Je pense ce soir aux plaisirs que nous partageons.

Ceux bien sûr que nous connaissons à chacune de nos rencontres.

A chaque fois plus intenses puisque nous sommes chaque fois plus proches. Ces moments où je sens tes mains sur moi qui m’empoignent, m’agrippent, me malaxent, m’étreignent. Tes mains qui plient mon corps à toutes tes exigences. Les plus douces. Les plus dures. Parfois mon corps se rebiffe sous l’assaut des sensations que tu lui infliges sans aucune pitié. Que t’importe mes cris qu’ils soient de jouissance ou de souffrance. Ce que tu veux c’est me voir me tordre et m’abandonner. Ce que tu veux c’est me sentir couler, fontaine intarissable, sous le fouet du plaisir sauvage que tu m’octroies. A en perdre toute identité. A en perdre toute retenue. A en devenir animale. Et je demande grâce. Et j’en demande encore. Et j’offre mes reins et mon ventre à la morsure du martinet. Et j’offre mon cul à l’intrusion de ta main toute entière. Je te sens forcer et m’ouvrir. T’enfoncer. M’écarteler à me fendre. Mon cœur qui bat. Violence que tu m’imposes qui m’embrase. Ta main qui m’habite telle une ancre à laquelle tu m’arrimes. Pivot de chair qui devient l’axe convergent de mon corps vers lequel afflue mon amour pour toi. Point d’origine et aboutissement de nos désirs inextricablement emmêlés. Alors, je suis à toi ainsi que tu le veux. Alors je suis heureuse.

Après, je m’affale sans force à tes cotés. Le corps et l’esprit en déroute. Effarée de tant de plaisir. Pétrifiée de bonheur.

Il y aussi ces plaisirs que nous partageons alors même que des centaines de km nous séparent.
Ces plaisirs non moins tangibles qui naissent par la magie de ta voix et des mots que tu murmures au creux de mes oreilles. Ces histoires que tu inventes pour nous et qui deviennent si réelles. Tous ces tourments auxquels tu veux me plier qui me font gémir d’effroi avant de me faire gémir de plaisir. Je t’écoute. Des images surgissent. Et je décolle et m’évade.

Je me vois si bien ainsi que tu me l’as décrit cet après-midi attachée à cet arbre, mes lèvres vaginales et mes seins cruellement étirées par des pinces avec lesquelles tu t’amuses à jouer me faisant m’arc-bouter désespérément pour atténuer la douleur. Je t’imagine si bien m’offrant à ces hommes qui passent. J’entends les mots que tu emploies pour leur parler de moi. Leur regard sur moi qui ne veut être qu’à toi, qui me salit. L’humiliation à être ainsi détaillée sans pouvoir rien refuser. Mon cœur se serre. Envie de pleurer. Je me sens si désarmée. Je ne sais plus. Je suis au téléphone et je suis là-bas dans ce bois. Tu perçois mon désarroi. Tu redeviens tendre et me console conscient d’avoir atteint une limite.

Je suis contre toi et mon corps tel une liane s’enroule autour de ton corps. Doucement, je lèche ton cou redevenant ta chienne câline et aimante. J’oublie alors la peine que tu viens de m’infliger. Alors je suis heureuse..................

***

Des questions

Mon amour, je me sens si triste ce matin. Pourtant il n’y a aucune véritable raison. Tu es là et bien là ! Et je t’aime. Peut-être à cause de ces 23 jours qui nous séparent. 22 aujourd’hui. Je savais qu’il ne fallait pas que je compte.

Il y a cette demande à demi informulée que tu m’as faite cette nuit. Tu me laisses seul juge. Ce serait tellement plus facile si tu me l’ordonnais. Je t’obéirais alors, sans plus réfléchir. Mais tu as raison, le décision doit venir cette fois de moi. Arriver à faire taire définitivement ces doutes. Arrêter de me dire et si tout cela n’était qu’un leurre. Un rêve dont je vais me réveiller. J’ai si peur que tu partes toi aussi, mon amour. Si peur si tu savais. Et je n’arrive pas à raisonner cette angoisse même si je sais qu’elle n’est pas fondée. Gilles et Christophe sont mes dernières protections. Illusoires je le sais. J’en suis convaincue. Mais quand ils ne seront plus là, il n’y aura vraiment plus rien à quoi me raccrocher si tu partais. Il y a tellement de bonnes raisons. La plus évidente Annie bien sûr. Que ferais-tu si elle venait à apprendre mon existence et te demander de choisir entre elle ou moi ? Je sais ce que tu m’a promis. Mais si tu la choisissais elle quoique que tu puisses faire ou dire ce serait pire qu’une catastrophe pour moi. Ce qui est bizarre, c’est que ce serait exactement la même chose si je devais choisir entre toi ou Alexandre.

Je voudrais tellement ne plus penser à tout ça mon amour et ne penser qu’à nous. Je t’aime tant.

Tout à l’heure une amie est venue me voir. Une amie d’enfance. Je lui ai dit "nous". Etrange cette envie que j’ai de parler de toi. Ainsi que tu l’avais suggéré "au cas ou..." je lui ai donné ton n° de téléphone en lui demandant de te prévenir si moi j’étais dans l’impossibilité de le faire. Sa réaction "Il doit vraiment tenir à toi pour avoir pensé à ça..."

J’ai maintenant mon collier de chienne serré autour de mon cou. Tout à l’heure, j’ai pris mon repas agenouillée par terre et ai léché consciencieusement mon assiette comme la chienne que tu veux que je sois. Je te raconterai ça tout à l’heure mon amour dans mon compte-rendu de ce test. Mais as-tu vraiment encore besoin de me tester ?

Je viens de relire ce mail par lequel tu m’ordonnes d’informer sous 48 heures Christophe et Gilles que je t’ai trouvé toi mon Maître. Mon dieu, que c’est difficile. Ce n’est pas tant de les laisser tous les deux derrière moi. Finalement cela m’indiffère assez je dois dire. Des Christophe et des Gilles, il y en a tant alors que toi... non, ce qui m’effraye c’est tout ce que cet abandon implique. Plus rien entre toi et moi. Plus personne. Pas même Mister Chacal. Et je tourne le dos à ce qui a été ma vie jusqu’à présent. Tu me demandes un changement si radical dans ma façon d’être, de penser, de me comporter. J’ai toujours été si jalouse de ma liberté. Le collier serre étroitement mon cou maintenant. Un cran supplémentaire. Comme si je voulais me convaincre si besoin était de mon appartenance à toi. Ne pas l’oublier. Y penser à chaque instant. Alain, où m’entraînes-tu ? Si seulement tu pouvais me téléphoner. Quelques minutes seulement. Il n’y a que quand tu me parles que je suis parfaitement rassurée. Le collier me serre. Sans cesse j’y passe mes doigts dessus. Alain que vais-je devenir si tu t’en vas toi aussi un jour ? Toutes ces promesses non tenues. Chaque jour qui passe nous rapproche tellement. Chaque jour davantage. En une seule petite semaine, regarde jusqu’où nous sommes allés. Un univers à nous, pour nous. C’est toi qui le dit et je te crois mon amour. Mais arriverons-nous à le préserver ?

...........................

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