Histoires de Laure - 2

Cahier 4
dimanche 2 août 2009
par  Christine Arven
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4 votes

Après-midi champêtre

Blottie à l’arrière de la voiture, Laure se laissait bercer par le balancement du véhicule. A l’avant Philippe et Anne, le couple de dominateurs qui l’avait prise en charge pour l’après-midi devisaient entre eux mais Laure ne les écoutait pas vraiment et, le regard fixant distraitement le paysage qui défilait, se laissait gagner par une douce torpeur.

La veille, elle avait reçu une nouvelle lettre de M. lui enjoignant de se tenir prête à 14h30 précise. "Un couple de mes amis, Philippe et Anne, lui avait-il écrit, viendra vous chercher. Obéissez-leur comme vous m’obéiriez. Je vous laisse le choix de votre tenue. Seul impératif, votre jupe ne doit pas descendre au-dessous du genou. Je compte sur vous pour vous montrer digne de ma confiance à vous confier à eux et à ne pas les décevoir… "

Comme à l’accoutumée, après un bref mouvement de révolte, plus pour la forme que par véritable conviction, Laure s’était scrupuleusement conformée aux instructions de M. Etrange, songea-t-elle, elle qui, dans sa vie, ne supportait pas qu’on lui dicte sa conduite, comme elle devenait docile quand M ordonnait ! Qui plus est, elle retirait de cette docilité un plaisir extrême. Si au début, son esprit s’était rebiffé face aux exigences de M, elle les accueillait maintenant avec délectation, se morfondant quand M tardait à lui écrire et se demandant avec désespoir en quoi elle lui avait déplu. C’était une évidence, ces escapades que lui concoctait M lui étaient devenues indispensables. Son corps trépignait d’impatience quand les jours passaient sans nouvelle de M. et elle ressentait, au fil des jours, monter en elle une tension qui mettait ses nerfs à vif. Quelle délivrance quand elle découvrait l’enveloppe crème reconnaissable entre toutes. Et dire qu’elle n’avait toujours pas la moindre petite idée de qui pouvait être M. Elle avait eu beau passer en revue toutes ses connaissances masculines, aucune ne lui semblait être à la hauteur du personnage qui savait si bien désamorcer ses résistances les plus aguerries et l’entraîner à se comporter d’une façon qu’il y a à peine un mois elle n’aurait pu imaginer et encore moins envisager de vivre.

Son amie Catherine qui bien sûr s’était rendue compte, que quelque chose avait changé dans sa vie l’avait en vain interrogée. Laure avait farouchement gardé le secret sur sa vie cachée. Moins par honte que par désir de préserver à toute force cette partie de son existence. Elle savait par avance la réaction horrifiée de son amie si elle lui avait décrit ce que M l’avait emmenée à faire. Ce qui aurait eu pour résultat, elle en était sûre, non seulement de la culpabiliser mais de détruire la magie de ces heures passées en dehors de son quotidien terne et banal. Un pincement lui vrilla le cœur au souvenir si riche en émotions et sensations de cette soirée passée dans ce donjon où M l’avait livrée à un inconnu. Laure était encore abasourdie par la facilité avec laquelle son corps et son esprit avaient accepté les traitements que P s’était délecté à lui faire subir. Et plus encore par le plaisir qu’elle en avait retiré. Jamais, songea-t-elle, elle n’avait joui aussi intensément, aussi longtemps. Comme si les lacérations du fouet, la brûlure de la cire, l’étau des pinces sur ses seins avaient amplifié à son paroxysme son plaisir. Ou plutôt l’avaient enrichi de nouvelles sensations inconnues d’elle jusqu’alors. Après cela comment opposer la moindre résistance aux désidératas de M. 
Mais bon… Laure aurait bien voulu rencontrer M…. Peut-être pensa-t-elle avec un frisson était-ce cet homme assis à l’avant de ce véhicule qui l’emportait vers une destination inconnue. Comment savoir ? C’est vrai qu’elle n’avait pas reconnu la voix. Mais M en fait ne lui avait téléphoné qu’une fois, la toute première fois… et c’était il y a plus d’un mois maintenant… alors comment être sûre ? Il y avait eu aussi cette soirée passée dans le donjon de Patrick avec un autre couple. Peut-être que M était cet homme, qu’elle n’avait pu voir, ayant gardé les yeux bandés toute la soirée, qui avait truffé son pubis d’aiguilles… Elle se souvenait de l’angoisse et de l’excitation aussi qu’elle avait ressentie quand elle avait compris ce qu’on était en train de lui faire après l’avoir étroitement attachée sur une table de gynécologie jambes grandes ouvertes, pieds dans des étriers. Elle frémit en se remémorant ce souvenir. Qu’est-ce qui l’attendait cet après-midi ? Quels nouveaux supplices ? A ces questions sans réponses pour l’instant, une bouffée de désir traversa Laure mouillant soudainement son entre-jambes …

Sans qu’elle y prenne garde, Laure laissa s’échapper un profond soupir. L’homme au volant se détourna un instant de sa conduite et lui lança un bref regard :

—  Ca ne va pas ? lui demanda-t-il, Inquiète ?

—  Non... non ça va…

—  Il n’y en a plus pour très longtemps, nous sommes presque arrivés…

Laure lança un regard surpris par une des vitres du véhicule. Cela faisait un moment qu’ils avaient dépassé Cuges et ils roulaient maintenant en rase campagne. De part et d’autre de la route, s’étalait une forêt de pins et de chênes verts dont les feuilles après la pluie des derniers jours resplendissaient sous le soleil enfin revenu. Aucune habitation en vue. Pourtant, même si elle se sentait oppressée, Laure ne ressentait aucune réelle inquiétude. Au contraire elle se sentait plutôt détendue et sereine. Inconscience de sa part ? Elle ne le pensait pas tant elle était sûre que rien de mal ne pouvait lui arrivait.

—  Tu te demandes où nous allons, n’est-ce pas ?

—  Un peu oui…

—  Et bien… Tu ne vas plus te le demander longtemps, répondit laconiquement Philippe tout en ralentissant

—  Tiens… tourne à droite sur ce chemin, lança soudain Anne… ça a l’air tranquille…

—  Ouais… tu as raison…

Philippe donna un brusque mouvement de volant et la voiture bifurqua sur un chemin caillouteux et raviné. Ils roulèrent ainsi un moment brinqueballés par les cahots de l’étroit chemin qui s’enfonçait au milieu des chênes. Quand enfin la voiture s’immobilisa à l’abri d’un épais bosquet, l’oppression de Laure augmenta d’un cran alors même qu’une première pulsation contractait son sexe qu’elle sentit s’humidifier. Une crainte diffuse l’enveloppa d’un voile qui lui donna l’impression de se mouvoir dans un monde cotonneux. Elle s’exhorta à respirer calmement alors que Philippe et Anne sortaient du véhicule l’invitant à les suivre.

— Allez viens Laure…, lui dit Philippe en lui tendant la main pour l’aider à s’extirper de la voiture. Une séance en plein air, tu as déjà fait ça ?

— Non… enfin…. un peu, se reprit Laure en se souvenant de sa première rencontre avec M., mais pas comme cela…

— Parce que tu sais ce qui t’attend ? Dis-le moi alors…

Laure jeta à Philippe un regard suppliant

—  N…non je n’en sais rien….

—  Mais tu t’en doutes un peu, n’est-ce pas ?

—  Oui… un peu, répondit-elle en sentant un picotement chaud lui traverser brusquement les veines

—  Et l’idée t’excite ?

—  Ben… un peu oui…

—  J’ai pas entendu

—  Oui…. ça m’excite !

Et effectivement Laure sentait naître en elle une chaleur qui se propageait dans tout son corps, éveillant ses sens qui lui semblèrent s’aiguiser et faisant soudain circuler plus vite son sang. Oui, elle aimait ce qui allait se passer que pour l’instant elle ne faisait que supposer mais l’emplissait d’allégresse. Elle ressentit une impatience de tout son être alors même que son esprit s’affolait en voyant Philippe se saisir d’un épais fouet noir. LIRE LA SUITE

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Commentaires

mardi 4 août 2009 à 11h52

Wouaouhhh ! les photos sont tout simplement sublimes....

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