Histoire de Laure

Cahier 4
vendredi 20 août 2021
par  Christine Arven
popularité : 6%
26 votes

Pourtant, ce soir-là, Laure quoiqu’excitée, ne put se résoudre à avaler le sexe factice. Se savoir observée par M la tétanisait et une gêne impossible à surmonter la paralysait. Elle se dit qu’elle avait perdu toute raison pour s’être comportée comme elle l’avait fait ces dernières semaines ! Où était passée la jeune femme qui défendait farouchement son indépendance et sa liberté de penser ? Laure prit soudain conscience de tout ce qu’avaient de déplacé ses actes.
Elle resta donc immobile, fixant le miroir derrière lequel elle savait que M l’observait. Comme si elle voulait le défier. Puis, elle se détourna et alla se coucher. Après tout qui était-il pour oser lui dicter ce qu’elle devait faire ? Pas question ! Laure voulait être libre de ses choix et elle n’admettrait jamais que quiconque prenne le contrôle de sa vie. Elle se demanda comment elle avait pu se laisser entraîner dans une telle aventure qui, si elle y réfléchissait, la révulsait. Et la terrorisait.
Elle relégua donc, au fond d’un tiroir, les « cadeaux » de M et s’évertua à oublier tout cela et à reprendre le cours normal de sa vie un moment interrompu.
Elle renoua avec Catherine qu’elle avait trop longtemps délaissée. Celle-ci, trop contente de retrouver son amie, ne lui posa pas de questions, se disant, qu’en temps opportun, Laure lui raconterait ce qu’il lui était arrivé.

Les semaines avaient passé. Juin s’était installé et les vacances approchaient à grands pas. Le soleil avait pris le contrôle du ciel et, le soir venu, ne semblait plus vouloir aller se coucher. Les soirées s’éternisaient douces et agréables, à boire, à discuter et à rire en bord de mer. Laure avait renoué avec l’un de ses ex, Patrick, qui parvenait à calmer les ardeurs qui grondaient en elle. Leur relation était tout ce qu’il y avait de plus normale et banale. Mais elle satisfaisait Laure, Patrick était un excellent amant doux et attentionné, et surtout il la rassurait.
Peu à peu, le souvenir de M s’estompa. Laure en ressentit bien un vague regret. Et parfois, son regard s’évadait vers d’autres horizons… Alors que Patrick s’enfonçait en elle et amorçait un mouvement de va-et-vient au fond de son ventre, Laure se surprenait à s’imaginer dans des postures moins orthodoxes… dans des situations moins confortables… mais tellement plus exaltantes ! Mais non ! Tout cela n’était pas pour elle ! Elle avait pris la bonne décision ! La seule possible ! L’intrusion de M dans sa vie privée était tout bonnement intolérable et inacceptable ! Elle avait d’ailleurs contacté un organisme spécialisé pour nettoyer son appartement des caméras et micros installés. Ne restait plus qu’à fixer une date de rendez-vous que sans cesse elle repoussait… et elle retrouverait le cocon rassurant et douillet de son logement !

C’était maintenant l’été. Le lycée avait fermé ses portes pour deux grands mois. Une chaleur étouffante avait pris possession de la région et le soleil dardait des rayons implacables. Laure s’était retranchée dans la fraîcheur relative de son appartement où elle errait désœuvrée. Elle passait les heures chaudes de la journée à bouquiner. Elle avait récemment découvert la littérature nordique dont elle appréciait l’univers sombre et s’y plongeait avec délices. En fin d’après-midi, elle allait rejoindre son groupe d’amis au bord de la mer puis, après un bon bain suivi de grillades arrosées de vin rosé bien frais, ils passaient ensemble la soirée à discuter et à siroter des mojitos glacés.
Laure avait finalement mis un terme à sa liaison avec Patrick qui, décidément, n’arrivait pas à satisfaire ses désirs profonds.

Trois mois s’étaient écoulés depuis que M lui avait adressé ses premiers cadeaux. Parfois, Laure ouvrait le tiroir où elle les avait rangés et les regardait songeuse. Elle n’avait toujours pas fixé de date définitive à la société qui devait la débarrasser des caméras installées par M. Sans qu’elle en comprît vraiment la raison, elle n’arrivait pas à s’y résoudre.
M n’avait plus donné signe de vie et semblait s’être évaporé dans la nature. Laure, dans un premier temps, en avait éprouvé du soulagement avant de se dire que, si elle avait vraiment compté pour M, il aurait dû insister ! Toutefois, ce soulagement s’était peu à peu transformé en dépit. En fin de compte, elle n’avait été pour M qu’un exutoire à ses désirs. Une parmi d’autres vers laquelle il avait lancé ses lignes pour l’hameçonner. Et elle, pauvre cruche, s’était laissé flouer ! Elle éprouva de la colère pour avoir été si crédule. Puis de la tristesse… Et finalement du manque… Car, quoiqu’elle s’évertuât à se convaincre du contraire, elle avait été attirée par ce que M lui avait laissé entrevoir. Finalement, elle regrettait sa décision hâtive prise sous le coup d’une légitime émotion. Avec le temps, elle trouvait sa réaction disproportionnée. Après tout, M ne lui avait jamais fait de mal, ne l’avait jamais blessée physiquement. À chaque étape, il lui avait laissé le choix de continuer ou d’arrêter. Il ne l’avait jamais obligée à rien. Elle devait bien admettre avoir adoré s’exhiber devant M dont elle pressentait l’excitation alors qu’il la regardait adopter des poses de plus en plus suggestives tout en lançant vers le miroir des regards lascifs. Une chose était certaine, un désir brutal la tenaillait impitoyablement.
Mais comment renouer une relation à laquelle elle avait mis un terme ?
La solution s’imposa à elle. Si évidente ! À défaut de la visionner en direct. M devait, elle en était certaine, continuer à filmer…

Un soir, elle se positionna face au miroir de sa chambre. Devant elle, elle disposa soigneusement les différents cadeaux de M. Posément, prenant tout son temps, elle se saisit du rosebud LIRE LA SUITE


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Commentaires

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dimanche 22 août 2021 à 19h38 - par  Henic

Eh bien, Sylvain, ne seriez-vous pas un homme pressé ?
Prenez le temps de suivre tranquillement les méandres des réflexions de Laure, qui sont tout de même accompagnées d’actions sans équivoque, c’est ce qui donne de l’épaisseur au personnage et du relief au récit.
Certes, on pourrait se perdre dans des descriptions interminables du genre, de celles dont raffolaient certains romanciers du XIXe, mais ce n’est heureusement pas le cas : l’équilibre pensée-action paraît au contraire bien respecté.

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samedi 21 août 2021 à 16h08 - par  de Perry

Tranquillement, l’histoire avance. Laure n’est pas une sainte nitouche, mais elle avait réussi à dissimuler ses tendances sous une apparence de bonne professeur(e). Quant à M le traitement vidéo semble pour l’instant lui suffire. D’ailleurs vu le parfait système de narration de Christine, toujours excellent, son vocabulaire aussi riche qu’expressif vu l’absence d’action, cela semble parfaitement convenir à M. Néanmoins tous les pronostics sont à envisager. Je prévois un statu quo à distance pendant encore une centaine de pages. Qui me suit ? Sylvain.

Logo de Henic
vendredi 20 août 2021 à 19h31 - par  Henic

Enfin, Laure dévoile sa vraie nature, et Christine nous permet de savoir que son attitude ne date pas d’hier.
Et Laure n’est finalement pas si timide !
Ce récit est agréablement mené, entre les retours en arrière et la vie actuelle de Laure, cela donne de l’épaisseur au personnage.
Et cela donne envie au lecteur de savoir comment cette histoire va évoluer : une rencontre entre M et Laure ? Un secret bien gardé entre eux deux, ou un étalage plus large des turpitudes de l’héroïne ? Ou...?