ELLE (2)

mardi 15 octobre 2019
par  Christine Arven
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Chapitre 4
La capitulation

Au cours des mois qui avaient suivi, Marc avait renouvelé ce qu’il appelait leurs séances dont il avait accru non seulement la périodicité mais également la durée. Insensiblement, il avait aussi intensifié la rudesse de ses coups et apporté des variantes à leurs ébats demandant à Elodie de se plier, insensible à ses larmes, à toutes ses exigences même les plus humiliantes ou douloureuses pour elle et la menaçant de la quitter quand elle esquissait le moindre mouvement ou mot de refus. Toujours, la mort dans l’âme, Elodie cédait. Mais elle devait bien s’avouer qu’au fil des jours elle ressentait un plaisir grandissant à être ainsi maltraitée. Si bien qu’elle arrivait de plus en plus difficilement à démêler le flot de sensations qu’elle éprouvait. Crainte et désir, souffrance et jouissance, humiliation et fierté s’entremêlant de manière inextricable.
Instinctivement, elle sentait que Marc n’aurait jamais dû agir ainsi avec elle si, ainsi qu’il le lui affirmait continuellement, il l’aimait vraiment et la respectait. Qu’il aurait dû, au contraire, tenir compte de son angoisse de plus en plus grande, de son mal être. Bien sûr, elle jouissait, toujours avec la même intensité que la toute première fois, mais c’était une jouissance qui, au lieu de la remplir de joie, au contraire lui laissait un relent d’amertume en bouche. Comme une salissure dont elle n’arrivait pas à se débarrasser. Pourtant elle revenait toujours, incapable de se résoudre à dire véritablement non. Comme le papillon est irrésistiblement attiré par la lumière à laquelle il va brûler ses ailes. Pourtant cela aurait été si facile. Il aurait suffi qu’elle ne se rende pas à une convocation, car c’était bien de cela qu’il s’agissait, de convocation et non plus de rendez-vous amoureux, pour mettre un terme définitif à cette relation qui lui pesait de plus en plus mais qui lui devenait, aussi, de plus en plus indispensable. Elle s’en voulait de sa faiblesse, se haïssait pour sa lâcheté, se disait que l’amour qu’elle ressentait pour Marc n’impliquait pas pour autant qu’elle doive tout accepter mais quand il lui téléphonait pour lui donner l’heure et le lieu de leur prochain rendez-vous et lui indiquer quelle tenue elle devrait porter, elle accourait, une angoisse mêlée d’excitation au ventre, et elle finissait toujours par s’exécuter docilement.
Six autres mois s’étaient ainsi écoulés. Marc devenait toujours plus exigeant et de moins en moins patient. Il n’arrivait pas à comprendre et acceptait de plus en plus mal les hésitations d’Elodie. Ses refus à se laisser attacher. Ses craintes à être fouettée. Sa peine à être humiliée. Il supportait de plus en plus difficilement ses pleurs et sa mine défaite lorsqu’elle se soustrayait, à bout de force et de volonté, à ses coups de cravache ou de martinet dont il accentuait parfois à dessein la force. Il la traitait alors de sale chienne désobéissante et lui ordonnait d’aller s’accroupir, en signe de pénitence, dans un coin de la chambre et d’y demeurer sans bouger les yeux fixés sur le mur alors que lui, s’installait confortablement sans le canapé et regardait un film. Il avait conscience que ce qu’il lui demandait n’était pas facile mais ce qu’il ne pouvait concevoir c’est, puisqu’elle disait l’aimer, qu’elle n’arrive pas à surmonter ses réticences
Bien sûr, Elodie faisait ce qu’elle pouvait pour le satisfaire et exécutait aussi docilement que possible les ordres qu’il lui donnait mais il y avait toujours une limite qu’il n’arrivait pas à lui faire franchir. A un moment, à chaque fois où il pensait que les barrières d’Elodie allait enfin s’effondrer, celle-ci érigeait soudain autour d’elle un mur de protection qu’il lui était impossible de franchir. Non pas qu’elle n’éprouve pas de plaisir. Bien au contraire ! Sa chatte ruisselante, ses mamelons dressés, sa croupe ondulante ne laissaient aucun doute sur son désir et le plaisir qu’elle éprouvait. Mais voilà, sa réticence à se laisser complètement aller et briser ses chaînes mentales et morales était plus forte que son désir. Elle le regardait alors avec des yeux de chien battu et lui demandait pardon. Lui se sentait de plus en plus frustré de ne pouvoir donner libre court à ses désirs et de devoir les modérer et, plus encore, qu’elle n’éprouve pas de plaisir à lui obéir et le satisfaire.
Jusqu’à ce jour, où, à bout de patience, Marc avait brutalement asséné à Elodie qui une fois de trop à son goût s’était rétractée devant lui, que puisque c’était ainsi, elle ne lui servait finalement à rien et il l’avait laissée sans nouvelle pendant de nombreux jours. Quand enfin, il avait consenti à répondre à un de ses messages de plus en plus pressants, ç’avait été pour lui annoncer froidement qu’il avait rencontré une autre femme, une certaine Catherine, plus en accord avec ce qu’il désirait et que, finalement, il se demandait si cela valait la peine qu’ils continuent à se voir. Elodie avait éprouvé un sentiment de profonde trahison même si Marc lui affirmait avec un superbe égoïsme qu’il l’aimait toujours autant et qu’il regrettait amèrement qu’elle l’ait contraint, par son attitude restrictive, à avoir dû chercher ailleurs ce qu’elle était incapable de lui donner. Elodie s’était alors effondrée, le suppliant de ne pas la laisser, lui promettant qu’elle allait faire encore plus d’effort.
Trois mois s’étaient ainsi passés. Marc et Elodie s’étaient finalement revus mais leur relation avait repris une tournure plus classique. Marc avait espacé la périodicité de leur séance qu’il avait en outre sensiblement adouci et était revenu, apparemment, à une attitude plus conciliante. Plus d’interminables séances de fouet qui faisaient hurler de douleur Elodie et striaient durablement son corps, plus d’humiliations verbales qui la faisaient fondre en larmes, à peine se permettait-il sur elle quelques claques retentissantes sur ses fesses. Elodie aurait dû se sentir soulagée. C’est du moins ce que Marc lui assurait quand il lui disait que tel jour il ne pourrait la voir car il avait rendez-vous avec Catherine qu’il continuait à rencontrer régulièrement et sur laquelle, au désespoir d’Elodie, il ne tarissait pas d’éloges, vantant son entrain à se laisser soumettre par lui et le plaisir qu’elle ressentait à être durement fouettée, à sentir les lèvres de son sexe distendues pendant de longues minutes par de lourds poids, à se conduire comme une chienne acceptant même, outre de manger à quatre pattes dans une gamelle, à pisser accroupie par terre ce à quoi Elodie s’était toujours farouchement opposée quoiqu’il lui en eut coûté comme sarcasmes et punitions. Il assurait à Elodie qu’il l’aimait toujours et que c’était sa faute s’il était obligé d’aller chercher avec une autre femme ces plaisirs qu’elle lui refusait et dont il ne pouvait plus se passer.
Quand Elodie le savait avec Catherine, elle éprouvait, non pas une réelle jalousie, mais une profonde tristesse. Elle savait que Marc allait lui revenir bien sûr. Mais le savoir en train d’avoir ces gestes que pourtant elle abhorrait sur une autre femme, lui était insupportable. Qu’elle abhorrait ? Elodie en était de moins en moins sûre. Elle ressentait en elle un vide, un manque. Durant les heures où elle le savait avec Catherine et qu’elle les imaginait tous les deux dans ces postures qui lui avaient semblé si pénibles à elle de supporter, elle restait prostrée à pleurer. Elle aurait tellement voulu en être capable, être telle que Marc aurait aimé qu’elle soit. Elle aurait voulu être à la place de cette femme et que cesse cette torture à chaque fois renouvelée de le savoir avec une autre. Et, surtout, la remplissait de culpabilité. Marc avait raison. C’était uniquement sa faute à elle si Catherine avait pu s’immiscer entre eux. A cause de sa timidité. De son manque de courage. De sa peur. De son incapacité à accepter le plaisir qu’elle éprouvait, contre toute raison, à être maltraitée par Marc. D’un autre côté, elle aurait tant voulu retrouver le Marc des premiers jours qui était si tendre avec elle. Tout recommencer et ne pas le laisser l’entraîner sur ces rivages qu’elle n’était pas prête à aborder. Mais cela, elle savait que c’était impossible.
Alors, elle se pelotonnait dans son fauteuil et elle pleurait sous le regard désapprobateur de Marc qui ne trouvait rien de mieux à lui dire qu’en agissant ainsi loin de le lui donner envie de se rapprocher d’elle au contraire elle l’éloignait.
Les semaines passant, la situation était devenue pour Elodie de plus en plus intolérable. A tel point que, à bout de force, elle avait finalement craqué et cédé aux exigences de Marc lui promettant de faire tout ce qu’il exigerait d’elle à la condition expresse qu’il ne voit plus Catherine.
— Tu feras tout ce que j’exigerai de toi ? Lui avait-il demandé ses yeux plantés dans les siens
— Oui, tout ce que tu veux, lui avait-elle répondu tout en baissant dans un signe de défaite la tête.
— Tu seras ma chose, ma propriété exclusive que je peux utiliser comme bon me semble ? Avait-il insisté.
— Oui
— Tu te conduiras comme une salope si je l’exige ?
— Oui
— Comme une chienne si je te l’ordonne ?
— Oui
— Tu n’auras d’autre désir que celui de me satisfaire et de m’obéir ?
— Oui
— Je pourrai t’exhiber quand et comme je le voudrais ?
— Oui
— Te prêter si j’en ai envie à qui je veux ?
Elodie avait marqué un temps d’hésitation avant de répondre d’une voix que l’émotion qu’elle ressentait rendait chevrotante :
— Oui... mais…
— Mais quoi ? L’avait-il interrompu d’une voix soudain glaciale
— Ce que je voudrais…c’est que… toi.. toi seulement tu me pénètres… que tu n’autorises personne d’autre que toi...
— Ok pour l’instant mais nous en reparlerons.
— Oui
— Bien ! Alors à partir d’aujourd’hui je suis Ton Maître et toi ma soumise et je veux que tu me promettes de m’obéir en tout et à chaque instant sans aucune restriction.
— Oui, je te promets, avait soufflé Elodie.
— Alors moi je te promets de ne plus voir Catherine.
Marc avait ressenti en prononçant ces paroles une crispation au creux de son estomac faite à la fois du regret de devoir renoncer à Catherine à laquelle il avait fini par s’attacher réellement mais, plus encore, provenant de l’intense satisfaction d’être enfin arrivé à faire céder Elodie et d’avoir abattue ses dernières défenses. Une chaude excitation l’envahissait de la voir enfin plier sans condition devant lui, le visage penché en avant, prête à tout accepter par amour pour lui. Un sentiment de puissance infini l’étreignit à l’idée de la posséder et de pouvoir enfin la modeler selon ses envies. LIRE LA SUITE


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Commentaires

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lundi 21 octobre 2019 à 21h18 - par  Henic

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’entre "Elle", "Le chant du cygne" et "Un lion et une marquise", on balaie plusieurs mondes qui ont en commun la souffrance, physique et psychique, recherchée ou acceptée, mais avec des facettes complètement en opposition entre ces différentes histoires.
J’admire le talent de Christine qui fait entrer dans chacun de ces mondes avec une telle facilité qu’ils sont réels pour le lecteur, malgré qu’ils sont si différents entre eux selon le point de vue des protagonistes. C’est fascinant ! "Elle" accepte à contrecœur, par peur de se retrouver seule, les caprices de celui qui dit l’aimer et n’aime en fait que lui-même ; l’héroïne du "chant du cygne" est à un tel niveau de désespoir qu’on la croit capable de choisir la mort (mais en fait, l’instinct de vie reste le plus fort, ouf !) ; en revanche, Lion et Marquise parviennent à vivre une complicité extraordinaire dans un environnement BDSM où le respect de l’autre et la recherche de son bonheur est érigé en principe. On assiste à l’émergence d’un véritable amour, qui naît et grandit dans cet environnement si particulier. Parvenir à décrire des situations si différentes, selon des points de vue tellement différents qu’ils sont antagonistes, dénote un vrai talent d’écrivain-psychologue. Un grand bravo !

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mercredi 16 octobre 2019 à 14h00 - par  Rêves de femme

Vous êtes trop gentil Sylvain. Vous allez finir par me faire rougir.... mais bon cela fait plaisir.

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mercredi 16 octobre 2019 à 12h47 - par  Sylvain de Perry

Quel récit passionnant ! Un véritable plaisir de lecteur. Même si, personnellement je trouve que la petite fessée (si je puis dire) que donne Marc à Elodie eût mérité meilleur traitement. Cela exprimé, le style inimitable de l’auteure rend ces lignes passionnantes. Sylvain.