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Traduction Henic
mercredi 4 août 2021
par  Henic
popularité : 4%
35 votes

Un fantasme glorieux sur une femme célèbre avec un trait secret.
(Publié à l’origine en déc. 2003)

Vivant près d’Hollywood, on pourrait penser que je suis habitué à rencontrer des célébrités. Mais à chaque fois, ma langue est nouée. Leur demander un autographe pendant qu’elles dînent semble impoli. Les féliciter pour leur dernier film apparaît comme un adieu. Pourtant, ce n’est pas comme si on avait le temps d’avoir une discussion intellectuelle. Donc, habituellement, je balbutie ou je les fixe et après quelques secondes, la chance a disparu et je ne leur ai pas parlé.
J’ai essayé de m’en guérir. Je me dis qu’ils sont humains, tout comme moi. Ils sont plus riches et plus célèbres, mais leur merde est toujours marron. Je me dis que j’ai besoin de me calmer et d’être juste moi-même, de dire tout ce que je pense. De ne pas m’inquiéter de leur réaction : après tout, je ne suis personne. Qui se soucie de ce que Julia Roberts pense de moi ?
Après avoir développé cette philosophie, j’ai eu la chance de la mettre en pratique lorsque Winnona Ryder est sortie d’un taxi devant moi. Mais encore une fois, j’ai tout gâché, je ne l’ai pas reconnue assez rapidement et n’ai rien dit quand elle m’a regardé droit dans les yeux. Puis elle est partie et je me suis donné des coups de pied à moi-même.
J’étais déterminé à ne plus jamais laisser cela se reproduire. J’ai voulu mieux faire, j’ai fait serment que si je ne le faisais pas, je... je m’abstiendrais de toute forme de gratification sexuelle pendant un mois complet.
Puis c’est arrivé. J’assiste à un congrès fastidieux dans un hôtel chic de L.A. J’avais entendu dire qu’il était censé y avoir une piscine privée et un bar sur le toit et je me suis dirigé dans cette direction, bien que je doutasse de pouvoir y accéder. J’atteins le dernier étage et marche le long d’un couloir désert lorsque la porte d’une suite s’ouvre et qu’une femme en sort.
Maintenant, j’ai souvent du mal à reconnaître les célébrités. Lorsqu’elles ne se produisent pas, elles portent des habits ternes, se coiffent différemment, se déguisent, même. Certaines d’entre elles mettent des tenues usées, ont l’air si ordinaire que vous vous demandez si c’est vraiment d’elles qu’il s’agit. Mais cette femme, je la reconnais rien qu’à sa silhouette et sa façon de bouger. Il n’y a qu’une seule femme sur la planète qui ressemble à ça, et c’est l’inimitable Catherine Zeta-Jones.
C’est comme si le monde passait au ralenti. Je vois Catherine sortir de la suite et entrer dans le couloir. Elle se dirige dans ma direction. En quatre enjambées, elle sera à mes côtés - j’ai très peu de temps pour élaborer un plan. Je la regarde faire le premier pas. Mon esprit est vide. Deuxième pas. Mon esprit est vide. Troisième pas. Je suis figé, incapable de bouger, de faire quoi que ce soit. Quatrième pas - elle est juste là, si près que je pourrais la toucher rien qu’en tendant la main !
"Fais quelque chose ! Crie mon cerveau, "Fais quelque chose MAINTENANT, idiot !"
Je me souviens de mon vœu et je me mets en mouvement. Je réagis sur un coup de tête. Je me mets devant elle. Elle s’arrête brutalement, me fixe avec surprise, un peu alarmée.
« Catherine Zeta-Jones ! »
C’est la brillante introduction au dialogue que j’ai trouvée.
« Oui, merci, murmure-t-elle, me faisant un léger sourire et commençant à me dépasser. »
Je panique. Je suis désespéré.
« Non, attendez ! »
Elle fait une pause, me regardant patiemment. Sans doute, je ne suis pas le premier fou qu’elle rencontre.
Une longue seconde s’écoule. Elle me regarde, elle attend. Mon cerveau est encore vide. Une deuxième seconde passe. Une troisième. Elle commence à se détourner, me montrant ce joli profil. Elle porte une robe noire moulante qui montre toutes les courbes de son corps. Voir son cul, ce cul dont j’avais fantasmé tant de fois, déclenche quelque chose.
« Je veux vous poser une question ! Lâché-je. »
Elle s’arrête de nouveau.
« Oui ? »
La planète s’arrête et attend, haletante.
Ma bouche est sèche, mes lèvres poussiéreuses. Je la regarde, qui attend en regardant dans ma direction, ses sourcils parfaits levés dans l’attente. Si patiente, si gentille. Pourquoi est-elle si gentille ? Cela ne fait qu’empirer les choses.
Soudain, je m’en fiche. Beaucoup de choses se passent dans ma tête pendant cette seconde où le monde s’est arrêté. Je réalise qu’elle est mariée - la réalité est que rien ne se passera entre elle et moi. Je me souviens que je ne suis personne, que nous ne nous reverrons plus jamais. Et je me souviens surtout, de façon vivante, des choses que j’aime le plus chez Catherine Zeta-Jones : elle est du Royaume-Uni, de mon âge (milieu de la trentaine), et il y a une possibilité (plus encore qu’avec une actrice américaine) qu’elle s’y connaisse en châtiments corporels.
« Avez-vous déjà reçu la canne ? »
Les mots sortent avant que je réalise ce que je dis. Je ne peux pas le croire moi-même. Comment puis-je être aussi stupide ? Si je n’étais pas aussi agité, je les rattraperais. Mais j’e suis figé, trop effrayé pour bouger ou dire quoi que ce soit, et les mots flottent dans l’air.
Mais alors deux choses se produisent. La première, c’est que je réalise qu’au fond, c’était la question que je mourais d’envie de poser à Catherine. J’en avais à peine conscience moi-même, mais je suis curieusement frénétique : compte tenu de son âge (allée à l’école dans les années 70) et de son origine, il y a une chance qu’elle ait pu être battue à l’école ou à la maison. Dieu, quel fantasme. Oserai-je rêver ?
La deuxième chose qui se produit est la réaction de Catherine. Je m’attends à ce qu’elle me gifle, me regarde avec étonnement, ou se détourne et s’éloigne. Au lieu de cela, elle me regarde avec alarme et excitation. Elle saisit mes bras et dit :
« Qu’avez-vous dit ? »
Faiblement, je réussis à ânonner :
« Avez-vous déjà reçu la canne ? »
Maintenant, je m’attends à ce qu’elle réagisse comme prévu, mais elle ne le fait pas. Elle reste calme et se tient devant moi comme si nous avions une conversation.
« Pourquoi me demandez-vous ça ? »
Je ne sais pas où cela part, mais le sang se remet à couler dans mes veines. Je prends une profonde inspiration et j’essaie de rester calme. Il y a trop de choses à penser pour planifier une stratégie. Tout ce que je peux faire, c’est être honnête. Je réponds :
« Vous venez du Royaume-Uni. Je pensais que peut-être, vous savez, pendant votre enfance, vous en aviez reçu une ou deux fois. »
Il y a une courte pause pendant qu’elle me dévisage. Ce n’est pas un regard normal : c’est un regard qui lit dans le cerveau. Elle essaie d’aspirer mon cerveau avec ses yeux. Je lui retourne son regard, aussi calmement que possible, et rencontre le sien.
Soudain, elle se détend légèrement. C’est un changement physique d’une minute, mais toute notre relation change. Elle sourit.
« Oui, j’ai reçu la discipline. Habituellement, c’était la tawse - c’est une bande de cuir - mais j’ai reçu la canne à plusieurs reprises. »
Mes lèvres s’ouvrent mais rien ne sort.
Le sourire de Catherine s’élargit. Elle jette un coup d’œil dans le couloir, qui est encore désert. Elle se penche pour que son visage soit à quelques centimètres du mien et murmure :
« Vous vous demandez si j’ai aimé ça. » LIRE LA SUITE


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Commentaires

Logo de Sylvain de Perry
mercredi 4 août 2021 à 11h01 - par  Sylvain de Perry

Je ne me souvenais pas de cette histoire hormis la célébrité citée. La traduction est si parfaite, que le lecteur s’interroge : est-ce une histoire vraie ou fantasmée ? Le traducteur nous fait VRAIMENT partager cette petite aventure. L’auteur a certainement relaté un fantasme. Pourtant... GRAND BRAVO au traducteur pour son travail minutieux. Sylvain.